Ce matin, c’était le dernier jour de cours de l’année scolaire au collège Claude Monet. Je ne parle évidemment pas des épreuves du brevet des collèges qui attendent encore nos élèves de troisième dès ce vendredi, mais bien du dernier jour de classe pour tout le monde.
Au secours les « chaussures » 😭
Pour notre toute dernière séance en troisième, puisque je ne les retrouverai pas l’année prochaine (ça me fait toujours quelque chose), nous sommes descendus en salle des conférences pour ne pas étouffer dans ma salle sous les toits. Nous sommes en pleine préparation de notre petit concert de fin d’année.
Rappel : vous êtes tous invités à nous rejoindre ce vendredi à 18h30, ici même. L’entrée est libre, bien sûr, et tout le monde est bienvenu. Le programme, élaboré par les élèves-eux-mêmes, sera très varié, de Mozart à Gorillaz, en passant par ABBA ou Simon and Garfunkel (je décline toute responsabilité, sauf pour Simon and Garfunkel) !
Nous avions à peine fini la dernière note de notre dernier chant que la sonnerie a retenti, quel timing ! Et je suis remontée retrouver dans le hall tous mes élèves de la sixième à la quatrième qui participeront le 1er septembre à la rentrée en musique, histoire de tester un peu tous ensemble les deux chansons que nous interpréterons pour l’occasion. Mais pas de spoiler ! Je ne posterai rien à ce sujet avant le jour J ! En parlant des futurs sixièmes pour qui nous préparons cette rentrée, plusieurs sont venus ce matin avec leur école visiter notre collège. J’ai pu en rencontrer quelques-uns. Ils ont l’air tout mignons, j’en ai profité pour les saluer et leur dire que je serai leur professeure de musique à tous à la rentrée, qu’ils soient en CHAM ou non.
Je suis ensuite redescendue en salle des conférences avec six élèves de sixième et quelques élèves de troisième car pour l’anniversaire d’Apolline, qui aura ieu la semaine prochaine, ses copines lui ont préparé une très jolie surprise : le Menuet du Quintette avec clarinette de Mozart, rien que ça !
Sérieusement, vous en connaissez beaucoup, vous, des élèves qui jouent du Mozart pour se souhaiter un joyeux anniversaire ? C’était absolument charmant.
Apolline au milieu de ses copines avec mon petit groupe de filles de troisième ❤️
J’ai encore reçu des cadeaux, essentiellement de la part de parents de quatrième, mais pas que. On devait sortir avec la classe au Grand Palais cet après-midi mais avec les 40 degrés annoncés, j’ai dû y renoncer.
Super gâtée, merci ! 😍
Une mention spéciale au très joli carnet offert par Eugénie, avec un mot à l’intérieur qui m’a beaucoup touchée, mais j’ai dit que je ne pleurerai pas avant vendredi, non mais !
A vendredi pour ceux qui viendront dire au revoir aux troisièmes ! Avec des éventails, des brumisateurs et de l’eau, la chaleur reste à peu près supportable en salle des conférences et promis, le concert va être court et surtout sans discours, sauf si Alexandre C. qui le présentera se prend pour Stéphane Bern 😱
Il manque Lola malheureusement, qui était malade aujourd’hui 🥲
Ce matin, c’était le dernier cours de l’année en 5e CHAM. Ça y est, nous avons déjà parcouru la moitié de notre parcours ensemble, c’est fou comme le temps passe vite.
Nous avons chanté (c’est que nous avons une rentrée en musique à préparer) et plusieurs élèves avaient apporté leurs instruments et nous ont fait le plaisir d’un mini concert.
Madame, il faut filmer Luca, Aloïs et Pablo sinon ça va faire comme l’année dernière, vous allez regretter de ne pas l’avoir fait !
Merci à Judith donc d’être passée derrière la caméra et d’avoir immortalisé Oblivion de Piazzolla, que les garçons ont monté en trois jours seulement, alors que rythmiquement, c’est hyper difficile ! ! Admirative je suis 😍
Encore une fois, j’ai été beaucoup trop gâtée, même si ça me fait évidemment très plaisir. L’étole est juste sublime. J’avoue ne l’avoir portée que quelques minutes car il ne faisait pas une température à s’emmitoufler dans de la laine et du cachemire ! Merci aux parents pour leur immense générosité.
Trop la classe !
Et une escapade polynésienne m’attend le temps d’un massage, j’ai hâte !
Au mois d’avril, nous avons présenté avec Marie-Laure Talon, professeure de lettres de la 4e CHAM, un concert-lecture intitulé Par voie épistolaire, autour de la lettre, de ses aveux, de ses silences et de ses détours :
Je pensais que l’aventure était terminée. Grave erreur !
En écho à ce travail, Marie-Laure a demandé aux élèves de m’écrire une lettre. Sa propre lettre d’introduction date du 12 juin : les courriers m’attendaient donc probablement depuis quelques jours dans mon casier. Je les ai découverts seulement aujourd’hui (quiconque a un plan de Monet dans la tête et visualise le trajet entre ma salle de musique et la salle des professeurs, trois étages plus bas et trois ailes de bâtiment à traverser, me pardonnera ce délai).
Avant de poursuivre, je voudrais remercier Marie-Laure : depuis plusieurs années, nous avons la chance de construire ensemble de nombreux projets. Son intelligence, sa créativité, son exigence, son attention constante aux élèves et sa capacité à donner du sens à ce que nous faisons font d’elle une collègue unique. Cette correspondance est née de son initiative et je lui en suis profondément reconnaissante. Les élèves ont beaucoup de chance de croiser sa route, et moi aussi.
La lettre de Marie-Laure, placée en introduction de cet article, contient une phrase qui résume mieux que je ne saurais le faire ce que j’ai ressenti en découvrant les lettres des élèves : « Ce qui transparait, d’une lettre à l’autre, c’était la réalité et la force du lien. »
J’ai pris le temps de lire et relire toutes ces lettres une à une. Beaucoup m’ont profondément émue. Elles m’ont aussi fait sourire. Les élèves y parlent de mes cours, des concerts, de la musique, de ce qu’ils ont aimé, de ce qu’ils ont compris, de ma boîte à bonbons pour les anniversaires, de mon mythique spray aux huiles essentielles, mais aussi de ce qu’ils ont osé m’avouer avec beaucoup d’humour, ce n’est pas [leur] faute !
Je ne les remercierai jamais assez pour ces mots. Dans notre métier, on avance souvent très vite, d’un cours à l’autre, d’un projet à l’autre, d’une année à l’autre. C’est difficile de mesurer vraiment ce qu’il reste de tout cela chez nos élèves. À travers ces lettres, j’ai eu la chance d’en avoir un aperçu.
Je vais toutefois utiliser ici mon droit de réponse !
À Nathan tout d’abord : non, nous n’écouterons jamais de rap en classe. Même pas en rêve. Je sais que cette revendication revient avec une régularité admirable, mais ma position sur la question demeure inchangée. Je DÉTESTE cette musique 🤬
À ceux (et ils sont plusieurs !) qui ont exprimé quelques doutes quant à mes talents de jardinière, je suis heureuse d’annoncer que la plante que vous m’avez offerte en décembre pour mon 53e anniversaire se porte remarquablement bien. Eh oui ! La preuve en image car je vous sens plus que sceptiques :
Marie les pouces verts, c’est moi en fait !
Dans les moments comme aujourd’hui, je me sens juste la professeure la plus heureuse du monde. Merci ❤️
Dans cette dernière séquence de l’année, les élèves de 5e CHAM ont travaillé sur la voix et l’audition : comment protéger ses oreilles, éviter de fatiguer sa voix, et adopter les bons gestes pour chanter.
Je leur ai ensuite proposé de se transformer en spécialistes de la voix et de l’audition.
Affiches, vidéos, humour, scénarios improbables et conseils très sérieux : voici une petite sélection de leurs réalisations.
Il ne vous reste plus qu’à appliquer leurs conseils avisés !
Opéra en débat #2 – Je suis totalement fan de cette émission. J’espère qu’il y aura d’autres saisons !
Cadeau de la part du patron de la boutique de souvenirs dont je parle plus loin dans cet article, et qui me donne le sentiment d’être corrompue, argghhh !
L’année dernière, avec Mathieu Chadefaux, professeur principal de la 6e CHAM depuis la deuxième promotion, et Maud Lelièvre, notre collègue de mathématiques, nous avions décidé d’emmener nos élèves de sixième passer une journée de promenade à Londres. Ceux qui n’auraient pas suivi la saison 1 de ces aventures peuvent la retrouver ici :
Cette année, nous avons donc décidé de remettre ça. Même idée, même énergie, même team adultes mais avec une nouvelle promotion de sixièmes et un programme légèrement modifié : et c’est parti pour la saison 2 !
Il a plu absolument tous les jours à Londres cette semaine, et il devrait pleuvoir tous les jours de la semaine à venir. Mais par une chance insolente, ce vendredi 5 juin, nous avons eu un temps idéal : ni trop chaud, ni trop froid. Quelques nuages à l’horizon mais rien de bien méchant. Pas une seule goutte de pluie. Bref, la chance était avec nous 🍀
Nous nous sommes retrouvés de très bon matin, à 6h, au point de rencontre Eurostar. Merci à Nicolas, papa 🐫, de m’avoir conduite jusqu’à la gare du Nord, avec des élèves plus du tout endormis (ça, ça n’arrive plus jamais), et une journée très dense devant nous. Il nous aura fallu une bonne heure et quart pour passer le pré-contrôle (qui ne sert à rien), le contrôle français, le contrôle anglais, puis la sécurité. Et hop, juste le temps de monter dans le train !
Arrivés à Londres, nous avons commencé par un tout petit détour par la boutique Harry Potter, puisque nos cartes de transport n’étaient valables qu’à partir de 9h30. Nous nous en étions rendus compte l’année dernière un peu tard, après avoir fraudé sans le vouloir. Cette année, en professeurs avertis et responsables que nous sommes devenus, nous avons donc attendu l’heure réglementaire avant de nous lancer dans les couloirs du métro londonien.
Nous avons pris le métro jusqu’à Green Park, puis traversé Green Park et St James’s Park — toujours au pas de course — menés par Mathieu, mais très régulièrement ralentis par les élèves qui s’extasiaient devant chaque écureuil du parc : c’est assez simple, à Londres, pour mes élèves, l’écureuil est manifestement un concurrent sérieux de Big Ben. Je n’ai pris aucune photo d’un de ces sciuridés mais si Louise, scandalisée par mon manque manifeste d’intérêt pour les rongeurs, m’envoie l’une des siennes, je l’ajouterai avec plaisir.
Louise m’a envoyé la photo promise, merci Louise !
Nous avons tout de même fini par arriver jusqu’à Buckingham Palace, où nous avons aperçu un petit bout de la garde.
Puis, comme prévu, nous avons continué notre balade dans le quartier de Westminster. Les élèves avaient préparé en classe des exposés sur l’abbaye de Westminster, le Parlement et Big Ben. A nous les incontournables de Londres, celui des cartes postales, le Londres qu’on veut absolument voir quand on ne vient que pour une seule journée.
Devant l’abbaye de Westmister
THE photo, celle qu’on fait systématiquement avec mes CHAMeaux dans cette ville. A noter que je suis en limite en train de sauter pour apparaitre sur la photo. Bien sûr, Mathieu Chadefaux triche et doit être grimpé sur une marche, ce n’est pas possible autrement…
Ne pas se fier à la photo : en vrai, nous avons marché, mais j’aime bien le logo du métro londonien
Après cette longue marche, nous sommes remontés à pied vers Covent Garden, c’est encore long, Madame ?… j’ai faim… on mange quand ? (mais vous ne faites que ça, manger en continu depuis notre départ, d’ailleurs, je me demande comment des sacs à dos peuvent contenir autant de nourriture, à moins qu’elle ne se régénère miraculeusement), bref, les grandes questions existentielles classiques auxquelles j’ai droit à chaque sortie ou voyage scolaires.
Au Tesco de Covent Garden, nous sommes devenus de vrais professionnels de l’organisation collective. Les élèves ont pu choisir exactement ce qu’ils voulaient manger : sushis, sandwichs, salades (nettement plus rares), chips à tout et n’importe quoi, saucisson et autres spécialités locales plus ou moins identifiables. Au passage, qui sera super contente de trouver des mûres, oubliera de les manger, et les retrouvera écrasées tout au fond de son sac en cherchant sa carte de transport après la visite de la National gallery, qui ? 😬😭 J’ai vraiment fait très fort sur ce coup-là. Nous sommes ensuite allés déjeuner à Covent Garden Piazza, où nous avons enfin pu faire une vraie pause.
Brochette d’élèves écoutant des musiciens jouer les Quatre Saisons de Vivaldi à Covent garden, Madame, c’est n’importe quoi ce tempo, c’est beaucoup trop rapide, on ne comprend rien ! (ce en quoi je leur donne parfaitement raison)
Fin de la pause et direction l’église St Martin-in-the-Fields pour le concert prévu, que nous avions également préparé en classe.
Le programme était magnifique, mais très exigeant. J’étais, je l’avoue, un peu inquiète, car je ne connaissais pas du tout la chanteuse. Je ne l’avais jamais entendue, et je m’étais dit que si sa voix ne tenait pas ce répertoire, le moment risquait d’être trèèèèèès long. Au final, je crois que c’est le meilleur concert que j’aie jamais entendu à St Martin-in-the-Fields. Hilary Cronin m’a subjuguée et j’ai été totalement transportée.
NDLR : pauvre Mathieu, il a dû souffrir un peu, car il est vrai que nous n’avons pas du tout les mêmes goûts musicaux. Mais je l’avais prévenu en amont que ce récital risquait de ne pas lui convenir ! Je crois d’ailleurs qu’il a gentiment cédé sa place contre celle d’une dame qui était coincée derrière un poteau.
Les élèves ont aussi discuté avec la maman de la chanteuse, qui par un pur hasard se trouvait assise juste derrière nous. C’est elle qui les a abordés, très étonnée de voir des scolaires français ici, et encore plus d’apprendre que les œuvres avaient été préparées en classe. À l’issue du concert, j’ai également échangé avec elle et avec la tante de la chanteuse. Elles nous ont vraiment remerciés d’être venus. Elles semblaient très touchées par notre présence et par l’idée que des élèves aient traversé la Manche pour écouter ce programme et se soient aussi bien tenus. Mince ! J’ai totalement oublié de leur préciser que nous venions d’un collège public, pour rappeler qu’en France, dans l’enseignement public aussi, de très beaux projets exigeants existent encore.
En sortant, nous avons continué de jouer les parfaits touristes. L’année dernière, l’endroit où nous avions acheté quelques souvenirs ne m’avait pas vraiment convaincue. Cette fois, j’avais repéré sur notre trajet du matin une boutique qui me paraissait plus adaptée. Nous y sommes allés, et chacun a pu rapporter son petit morceau de Londres. Pour ma part, j’assume tout à fait mon côté touriste asiatique (visites au pas de course, achats de souvenirs) et vu mes origines, ce n’est de toute façon pas qu’une expression. Je tiens à préciser que Maud et Mathieu ont aussi eu droit à un mug, je ne suis donc pas la seule à toucher des backchichs ! A noter aussi que comprenant que nous étions des Français, les patrons nous ont imposé une playlist de rap français durant toute notre présence dans cette boutique ; j’imagine que cette technique commerciale est censée booster les ventes, mais bonjour la redescente après les Quatre derniers Lieder de Strauss !
Nous avons ensuite traversé Trafalgar Square pour nous rendre à la National Gallery.
A noter qu’on voit très bien St Martin-in-the-Fields aussi sur cette photo
Les élèves y ont cherché les œuvres qu’ils avaient présentées en exposé en classe. Petite déception toutefois : nous n’avons pas pu admirer les Tournesols de Van Gogh, actuellement exposés à New York.
Turner était bien là, ouf !
Tête totalement crispée de la gardienne de salle lorsque nous nous sommes installés pour prendre cette photo, mais nous avons été pardonnés après lui avoir expliqué que notre collège s’appelait Claude Monet et notre orchestre les Nymphéas !
Londres n’étant pas Londres sans un trajet en bus à l’impériale, nous sommes ensuite remontés vers St Pancras en bus londonien.
Evidemment ce n’est pas le bus que nous avons pris, je ne peux pas être à la fois dans et hors du bus !
Puis nous avons terminé la journée par une petite virée chez Marks & Spencer, où les élèves ont à nouveau pu choisir leur dîner pour le train du retour.
La salle d’embarquement Eurostar est, elle, de pire en pire chaque année. Cette fois, c’est à peine si nous avions la place de nous asseoir par terre. Heureusement, notre train était à l’heure, et cette expérience digne d’une bétaillère ne s’est pas éternisée. J’aurais cependant été bien inspirée de relire moi-même l’article que j’avais rédigé l’année dernière : j’ai à nouveau complètement gelé dans le train. Ils ont vraiment un problème de climatisation, ces Anglais !
La classe a été adorable du début à la fin, et ça a été un vrai plaisir partagé que de vivre cette journée tous ensemble. Merci évidemment à Mathieu et à Maud pour cette nouvelle aventure londonienne, intense, joyeuse, musicale et sportive : Mathieu annonce 13 kilomètres de marche, mais je me demande tout de même si son téléphone n’est pas plus marseillais qu’anglais…
Bon week-end de repos bien mérité à tous !
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