Au mois d’avril, nous avons présenté avec Marie-Laure Talon, professeure de lettres de la 4e CHAM, un concert-lecture intitulé Par voie épistolaire, autour de la lettre, de ses aveux, de ses silences et de ses détours :
Je pensais que l’aventure était terminée. Grave erreur !
En écho à ce travail, Marie-Laure a demandé aux élèves de m’écrire une lettre. Sa propre lettre d’introduction date du 12 juin : les courriers m’attendaient donc probablement depuis quelques jours dans mon casier. Je les ai découverts seulement aujourd’hui (quiconque a un plan de Monet dans la tête et visualise le trajet entre ma salle de musique et la salle des professeurs, trois étages plus bas et trois ailes de bâtiment à traverser, me pardonnera ce délai).
Avant de poursuivre, je voudrais remercier Marie-Laure : depuis plusieurs années, nous avons la chance de construire ensemble de nombreux projets. Son intelligence, sa créativité, son exigence, son attention constante aux élèves et sa capacité à donner du sens à ce que nous faisons font d’elle une collègue unique. Cette correspondance est née de son initiative et je lui en suis profondément reconnaissante. Les élèves ont beaucoup de chance de croiser sa route, et moi aussi.
La lettre de Marie-Laure, placée en introduction de cet article, contient une phrase qui résume mieux que je ne saurais le faire ce que j’ai ressenti en découvrant les lettres des élèves : « Ce qui transparait, d’une lettre à l’autre, c’était la réalité et la force du lien. »
J’ai pris le temps de lire et relire toutes ces lettres une à une. Beaucoup m’ont profondément émue. Elles m’ont aussi fait sourire. Les élèves y parlent de mes cours, des concerts, de la musique, de ce qu’ils ont aimé, de ce qu’ils ont compris, de ma boîte à bonbons pour les anniversaires, de mon mythique spray aux huiles essentielles, mais aussi de ce qu’ils ont osé m’avouer avec beaucoup d’humour, ce n’est pas [leur] faute !
Je ne les remercierai jamais assez pour ces mots. Dans notre métier, on avance souvent très vite, d’un cours à l’autre, d’un projet à l’autre, d’une année à l’autre. C’est difficile de mesurer vraiment ce qu’il reste de tout cela chez nos élèves. À travers ces lettres, j’ai eu la chance d’en avoir un aperçu.
Je vais toutefois utiliser ici mon droit de réponse !
À Nathan tout d’abord : non, nous n’écouterons jamais de rap en classe. Même pas en rêve. Je sais que cette revendication revient avec une régularité admirable, mais ma position sur la question demeure inchangée. Je DÉTESTE cette musique 🤬
À ceux (et ils sont plusieurs !) qui ont exprimé quelques doutes quant à mes talents de jardinière, je suis heureuse d’annoncer que la plante que vous m’avez offerte pour mon 53e anniversaire se porte remarquablement bien. Eh oui ! La preuve en image car je vous sens plus que sceptiques :
Marie les pouces verts, c’est moi en fait !
Dans les moments comme aujourd’hui, je me sens juste la professeure la plus heureuse du monde. Merci ❤️
Après mes mésaventures du « Concert éclaté » la veille en Sorbonne, j’ai été heureuse de retrouver hier soir une soirée musicale beaucoup moins mouvementée à l’occasion des concerts des deux orchestres CHAM, Nymphéas 1 et Nymphéas 2, dans l’auditorium du Conservatoire Maurice Ravel.
La température est certes restée élevée tout au long de la soirée, aucun malaise d’élève là, et le directeur du conservatoire a relevé un très raisonnable 28,8 °C dans l’auditorium, soit moins que dans ma salle de classe en période caniculaire où on oscille entre 29 à 8h du matin et 32/33 l’après-midi, jalouse je suis !
Les élèves ont présenté le résultat du travail mené depuis les concerts de février. Les progrès accomplis en seulement quelques mois ont une nouvelle fois été très impressionnants.
Une petite touche de Gershwin avec les Nymphéas 1…… et un extrait de la Marche de Berlioz par les Nymphéas 2 et le Jeune Orchestre à Cordes
Je profite de cet article pour adresser toutes mes félicitations aux professeurs du conservatoire Maurice Ravel, avec une pensée particulière pour Renaud Stahl, Charlotte Scohy et Delphine Girard. La CHAM de Claude Monet a une chance immense de pouvoir compter sur des partenaires aussi pédagogues et investis. Derrière chaque concert se cachent des heures de répétitions, de préparation, de patience et d’exigence. Merci à eux pour tout ce qu’ils apportent à nos CHAMeaux.
Entre les deux concerts, j’ai été conviée au pique-nique organisé au parc de Choisy par les élèves et les parents de sixième CHAM. J’y ai retrouvé Mathieu, leur professeur principal et professeur d’anglais.
Les familles nous ont couverts de cadeaux et d’attentions. Mathieu et moi avons été très touchés par cette générosité et nous remercions chaleureusement tous les parents pour leur confiance et leur soutien tout au long de l’année.
Le timing était très serré, ce qui fait que j’ai malheureusement raté mes cinquièmes CHAM qui sont arrivés au parc au moment où je retournais au conservatoire pour le concert des Nymphéas 2, après lequel j’ai rejoint les parents et les élèves de quatrième CHAM pour un second pique-nique (après cette orgie de chips et de gâteaux, j’ai prévu un rééquilibrage alimentaire !), cette fois au stade car Choisy fermait trop tôt, pendant que les troisièmes et leurs parents partaient à l’Âge d’or finir la soirée, et non, Eugénie, je t’assure, je ne préfère pas les quatrièmes, c’est juste que je n’ai toujours pas la faculté de me dédoubler ! Merci à Christelle de m’avoir envoyé des photos pour que je puisse suivre à distance ! De toute façon, ce n’est que partie remise : je retrouverai les élèves de troisième le 26 juin prochain à l’occasion de notre petit concert de fin de CHAM au collège Claude Monet. N’hésitez pas à venir les écouter ! Ce sera à 18h30 en salle des conférences, en mode quasi improvisation, pour ne pas dire franchement à l’arrache, car nous n’avons eu que très très peu de temps pour le préparer (euphémisme). Ce sont les élèves qui ont choisi le programme, tradition oblige ! Nous aurons alors l’occasion de partager un dernier moment musical avant leur départ vers le lycée.
Au final, cette soirée a parfaitement résumé ce qu’est notre CHAM : un cocktail de musique, de travail, de rencontres, de convivialité et de beaux souvenirs partagés.
Quand les parents de 6e CHAM m’offrent du savon au lait de CHAMelle pour que je n’oublie pas mes 🐫 pendant les vacances 😂 Aucun risque pourtant !
Mais bon, ils veulent bien que je déconnecte le temps d’une parenthèse au spa, un immense merci ❤️
Arrivée en Sorbonne… On ne le sait pas encore, mais l’après-midi va être épique !
Hier, c’était le jour du concert de fin d’année de la chorale CHAM dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, qui devait accueillir Éclats d’espace, œuvre de Marc-Olivier Dupin (ma préférée, que j’ai adorée chanter toute l’année), inspirée de l’univers de Georges Perec et de son livre Espèces d’espaces. Préparée depuis le mois de septembre par les chorales des collèges Claude Monet, Gabriel Fauré, Germaine Tillion, Henri Matisse et Jean-Baptiste Say, cette partition réunissait plus de 180 élèves autour d’un projet exigeant, porté par les voix, le piano, le violoncelle et le hautbois d’amour.
Dans Éclats d’espace, les lieux les plus ordinaires — la page, le lit, la chambre, la rue, les escaliers — deviennent matière musicale. Comme chez Perec, il ne s’agit pas de grands décors, mais d’espaces familiers traversés par des gestes, des habitudes, des souvenirs. Les élèves ont ainsi travaillé une œuvre attentive aux détails du quotidien, à ce que l’on ne regarde plus vraiment, et que la musique, d’une grande difficulté pour des collégiens, vient soudain rendre sensible.
À notre arrivée, tout avait l’apparence d’une fin d’après-midi de concert parfaitement normale : certains élèves découvraient le lieu, d’autres plus nombreux le retrouvaient avec plaisir car nous nous y produisons régulièrement. Tout était bien parti, avec les ingrédients habituels : de l’excitation, un peu de trac, de la chaleur mais on a vu bien pire, et l’espoir d’un très beau concert à venir.
Photo du début de la générale prise par Christelle, maman de 3e CHAM qui était une de mes deux accompagnatrices du jour avec Anne, elles se souviendront longtemps de cette dernière sortie au collège !
La répétition générale a commencé. Puis, assez vite, quelque chose s’est déréglé. En une demi-heure, huit élèves ont fait des malaises et il a fallu les évacuer de la scène : maux de tête, fourmillements, sensations inhabituelles. L’une d’elles, scolarisée dans un autre collège, s’est même évanouie dans mes bras, juste à côté du piano, alors que j’étais sur scène pour tourner les pages de la pianiste. A ce propos, il est grand temps que je réactualise mes connaissances acquises lors de ma formation aux premiers secours, qui date d’il y a un siècle.
Les pompiers sont arrivés et nous ont demandé d’arrêter la répétition sur le champ. Le grand amphithéâtre a été évacué, et il a fallu faire sortir plus de 180 élèves, sans que personne ne sache précisément ce qui était en train de se passer. Les élèves ne pouvaient pas circuler librement, ni retourner remplir leurs gourdes (je vous épargne mes discussions houleuses avec les agents de sécurité à ce sujet), pas moyen non plus de récupérer les sacs contenant les goûters pendant près d’une heure (ai-je besoin de rappeler qu’un élève, ça a tout le temps faim surtout après avoir chanté ?) et nous nous sommes retrouvés dans le hall de la Sorbonne, au milieu des secours, pendant que des équipes spécialisées procédaient à des contrôles de l’air dans des tenues qui donnaient soudain à l’ensemble un aspect plutôt apocalyptique.
Je n’ai pas pris les intervenants en photo mais il faut imaginer plein de personnes comme ça déboulant en Sorbonne, ça faisait un drôle d’effet quand même !
Et mes élèves pendant ce temps-là ? A part une qui a dû être prise en charge par les pompiers, mais qui va très bien aujourd’hui, ouf !, les autres étaient globalement en pleine forme même si trouvant l’odeur bizarre et ressentant un léger mal de tête pour certains. Moi aussi d’ailleurs. Et Christelle m’a confié avoir eu mal à la tête en écoutant la générale.
Mon petit groupe bien sage…
Voire en pleine forme pour certains je vous dis !
Pendant ce temps, les familles ont commencé à arriver pour assister au concert et sont restées bloquées à l’extérieur (plus de 500 personnes attendues tout de même), forcément inquiètes devant les huit camions de pompiers postés rue des Ecoles et l’agitation !
Ma vidéo tournée pour Eugénie, 3e non choriste, mise au courant par ses copines que c’était la fête en Sorbonne et me demandant des explications !
C’est à ce moment-là que j’ai reçu un message de mon ancien élève préféré venu écouter le concert — en l’occurrence mon fils que j’ai eu en troisième à mon arrivée à Monet en 2013 — me demandant il y a un truc grave maman ?Il y a des camions de pompiers partout devant l’amphithéâtre !
Bref, après environ une heure et demie d’attente et d’incertitudes, la décision a enfin été prise par le cabinet de la rectrice d’annuler le concert. Il était temps ! Les pompiers n’avaient pas encore identifié avec certitude l’origine du problème, mais les malaises, les symptômes rapportés par plusieurs élèves et les odeurs inhabituelles perçues dans certains couloirs ne permettaient évidemment pas de maintenir la soirée. Il faisait chaud, certes, mais ce qui s’est passé ne ressemblait ni à une simple affaire de température, ni à une crise de trac collective. Et de toute façon, plus aucun élève n’était en état de bien chanter. Il nous a donc fallu rentrer chez nous.
Organisation de l’évacuation avec comme objectif que chaque enfant retrouve ses parents, et moi j’ai bien retrouvé mon fils 😂
C’est frustrant, bien sûr, après tant de travail et d’investissement des élèves, de répétitions… Frustrant pour les élèves, pour les familles, pour les équipes, pour les musiciens, pour Maxime Giraud notre génial chef de chœur et pour le compositeur Marc-Olivier Dupin. Mais la sécurité passe avant tout, et personne n’aurait pu sérieusement défendre l’idée de poursuivre dans de telles conditions.
La bonne nouvelle, c’est que Marc-Olivier Dupin et mon inspecteur nous ont indiqué qu’une nouvelle date serait recherchée à la Sorbonne à l’automne. J’espère vivement que ce concert pourra avoir lieu et que nos élèves de troisième, même dispersés dans leurs lycées respectifs, accepteront de revenir pour mener cette aventure musicale jusqu’au bout.
Après trente ans d’enseignement, je constate donc une fois de plus que ce métier conserve une capacité intacte à me surprendre. On prépare une soirée autour de Georges Perec, on s’apprête à faire entendre la poésie des espaces familiers, et hop ! on finit dans le hall de la Sorbonne, au milieu des pompiers, des élèves, des parents inquiets et de questions sans réponse !
Thés que m’ont offerts mes collègues/copines/Bombes du projet, quelle charmante attention, merci les filles, je ne m’y attendais pas du tout 😘
Merci aux élèves pour leur patience hier, ce n’est que partie remise !
PS : j’oubliais ! Au milieu de toute cette cohue, j’ai fait la connaissance de notre futur proviseur Damien Doucet, venu au départ écouter ses actuels élèves de Fauré. Je lui ai présenté mes CHAMeaux qui l’ont applaudi très chaleureusement. A l’automne, il reviendra pour vous !
Dans cette dernière séquence de l’année, les élèves de 5e CHAM ont travaillé sur la voix et l’audition : comment protéger ses oreilles, éviter de fatiguer sa voix, et adopter les bons gestes pour chanter.
Je leur ai ensuite proposé de se transformer en spécialistes de la voix et de l’audition.
Affiches, vidéos, humour, scénarios improbables et conseils très sérieux : voici une petite sélection de leurs réalisations.
Il ne vous reste plus qu’à appliquer leurs conseils avisés !
Opéra en débat #2 – Je suis totalement fan de cette émission. J’espère qu’il y aura d’autres saisons !
Cadeau de la part du patron de la boutique de souvenirs dont je parle plus loin dans cet article, et qui me donne le sentiment d’être corrompue, argghhh !
L’année dernière, avec Mathieu Chadefaux, professeur principal de la 6e CHAM depuis la deuxième promotion, et Maud Lelièvre, notre collègue de mathématiques, nous avions décidé d’emmener nos élèves de sixième passer une journée de promenade à Londres. Ceux qui n’auraient pas suivi la saison 1 de ces aventures peuvent la retrouver ici :
Cette année, nous avons donc décidé de remettre ça. Même idée, même énergie, même team adultes mais avec une nouvelle promotion de sixièmes et un programme légèrement modifié : et c’est parti pour la saison 2 !
Il a plu absolument tous les jours à Londres cette semaine, et il devrait pleuvoir tous les jours de la semaine à venir. Mais par une chance insolente, ce vendredi 5 juin, nous avons eu un temps idéal : ni trop chaud, ni trop froid. Quelques nuages à l’horizon mais rien de bien méchant. Pas une seule goutte de pluie. Bref, la chance était avec nous 🍀
Nous nous sommes retrouvés de très bon matin, à 6h, au point de rencontre Eurostar. Merci à Nicolas, papa 🐫, de m’avoir conduite jusqu’à la gare du Nord, avec des élèves plus du tout endormis (ça, ça n’arrive plus jamais), et une journée très dense devant nous. Il nous aura fallu une bonne heure et quart pour passer le pré-contrôle (qui ne sert à rien), le contrôle français, le contrôle anglais, puis la sécurité. Et hop, juste le temps de monter dans le train !
Arrivés à Londres, nous avons commencé par un tout petit détour par la boutique Harry Potter, puisque nos cartes de transport n’étaient valables qu’à partir de 9h30. Nous nous en étions rendus compte l’année dernière un peu tard, après avoir fraudé sans le vouloir. Cette année, en professeurs avertis et responsables que nous sommes devenus, nous avons donc attendu l’heure réglementaire avant de nous lancer dans les couloirs du métro londonien.
Nous avons pris le métro jusqu’à Green Park, puis traversé Green Park et St James’s Park — toujours au pas de course — menés par Mathieu, mais très régulièrement ralentis par les élèves qui s’extasiaient devant chaque écureuil du parc : c’est assez simple, à Londres, pour mes élèves, l’écureuil est manifestement un concurrent sérieux de Big Ben. Je n’ai pris aucune photo d’un de ces sciuridés mais si Louise, scandalisée par mon manque manifeste d’intérêt pour les rongeurs, m’envoie l’une des siennes, je l’ajouterai avec plaisir.
Louise m’a envoyé la photo promise, merci Louise !
Nous avons tout de même fini par arriver jusqu’à Buckingham Palace, où nous avons aperçu un petit bout de la garde.
Puis, comme prévu, nous avons continué notre balade dans le quartier de Westminster. Les élèves avaient préparé en classe des exposés sur l’abbaye de Westminster, le Parlement et Big Ben. A nous les incontournables de Londres, celui des cartes postales, le Londres qu’on veut absolument voir quand on ne vient que pour une seule journée.
Devant l’abbaye de Westmister
THE photo, celle qu’on fait systématiquement avec mes CHAMeaux dans cette ville. A noter que je suis en limite en train de sauter pour apparaitre sur la photo. Bien sûr, Mathieu Chadefaux triche et doit être grimpé sur une marche, ce n’est pas possible autrement…
Ne pas se fier à la photo : en vrai, nous avons marché, mais j’aime bien le logo du métro londonien
Après cette longue marche, nous sommes remontés à pied vers Covent Garden, c’est encore long, Madame ?… j’ai faim… on mange quand ? (mais vous ne faites que ça, manger en continu depuis notre départ, d’ailleurs, je me demande comment des sacs à dos peuvent contenir autant de nourriture, à moins qu’elle ne se régénère miraculeusement), bref, les grandes questions existentielles classiques auxquelles j’ai droit à chaque sortie ou voyage scolaires.
Au Tesco de Covent Garden, nous sommes devenus de vrais professionnels de l’organisation collective. Les élèves ont pu choisir exactement ce qu’ils voulaient manger : sushis, sandwichs, salades (nettement plus rares), chips à tout et n’importe quoi, saucisson et autres spécialités locales plus ou moins identifiables. Au passage, qui sera super contente de trouver des mûres, oubliera de les manger, et les retrouvera écrasées tout au fond de son sac en cherchant sa carte de transport après la visite de la National gallery, qui ? 😬😭 J’ai vraiment fait très fort sur ce coup-là. Nous sommes ensuite allés déjeuner à Covent Garden Piazza, où nous avons enfin pu faire une vraie pause.
Brochette d’élèves écoutant des musiciens jouer les Quatre Saisons de Vivaldi à Covent garden, Madame, c’est n’importe quoi ce tempo, c’est beaucoup trop rapide, on ne comprend rien ! (ce en quoi je leur donne parfaitement raison)
Fin de la pause et direction l’église St Martin-in-the-Fields pour le concert prévu, que nous avions également préparé en classe.
Le programme était magnifique, mais très exigeant. J’étais, je l’avoue, un peu inquiète, car je ne connaissais pas du tout la chanteuse. Je ne l’avais jamais entendue, et je m’étais dit que si sa voix ne tenait pas ce répertoire, le moment risquait d’être trèèèèèès long. Au final, je crois que c’est le meilleur concert que j’aie jamais entendu à St Martin-in-the-Fields. Hilary Cronin m’a subjuguée et j’ai été totalement transportée.
NDLR : pauvre Mathieu, il a dû souffrir un peu, car il est vrai que nous n’avons pas du tout les mêmes goûts musicaux. Mais je l’avais prévenu en amont que ce récital risquait de ne pas lui convenir ! Je crois d’ailleurs qu’il a gentiment cédé sa place contre celle d’une dame qui était coincée derrière un poteau.
Les élèves ont aussi discuté avec la maman de la chanteuse, qui par un pur hasard se trouvait assise juste derrière nous. C’est elle qui les a abordés, très étonnée de voir des scolaires français ici, et encore plus d’apprendre que les œuvres avaient été préparées en classe. À l’issue du concert, j’ai également échangé avec elle et avec la tante de la chanteuse. Elles nous ont vraiment remerciés d’être venus. Elles semblaient très touchées par notre présence et par l’idée que des élèves aient traversé la Manche pour écouter ce programme et se soient aussi bien tenus. Mince ! J’ai totalement oublié de leur préciser que nous venions d’un collège public, pour rappeler qu’en France, dans l’enseignement public aussi, de très beaux projets exigeants existent encore.
En sortant, nous avons continué de jouer les parfaits touristes. L’année dernière, l’endroit où nous avions acheté quelques souvenirs ne m’avait pas vraiment convaincue. Cette fois, j’avais repéré sur notre trajet du matin une boutique qui me paraissait plus adaptée. Nous y sommes allés, et chacun a pu rapporter son petit morceau de Londres. Pour ma part, j’assume tout à fait mon côté touriste asiatique (visites au pas de course, achats de souvenirs) et vu mes origines, ce n’est de toute façon pas qu’une expression. Je tiens à préciser que Maud et Mathieu ont aussi eu droit à un mug, je ne suis donc pas la seule à toucher des backchichs ! A noter aussi que comprenant que nous étions des Français, les patrons nous ont imposé une playlist de rap français durant toute notre présence dans cette boutique ; j’imagine que cette technique commerciale est censée booster les ventes, mais bonjour la redescente après les Quatre derniers Lieder de Strauss !
Nous avons ensuite traversé Trafalgar Square pour nous rendre à la National Gallery.
A noter qu’on voit très bien St Martin-in-the-Fields aussi sur cette photo
Les élèves y ont cherché les œuvres qu’ils avaient présentées en exposé en classe. Petite déception toutefois : nous n’avons pas pu admirer les Tournesols de Van Gogh, actuellement exposés à New York.
Turner était bien là, ouf !
Tête totalement crispée de la gardienne de salle lorsque nous nous sommes installés pour prendre cette photo, mais nous avons été pardonnés après lui avoir expliqué que notre collège s’appelait Claude Monet et notre orchestre les Nymphéas !
Londres n’étant pas Londres sans un trajet en bus à l’impériale, nous sommes ensuite remontés vers St Pancras en bus londonien.
Evidemment ce n’est pas le bus que nous avons pris, je ne peux pas être à la fois dans et hors du bus !
Puis nous avons terminé la journée par une petite virée chez Marks & Spencer, où les élèves ont à nouveau pu choisir leur dîner pour le train du retour.
La salle d’embarquement Eurostar est, elle, de pire en pire chaque année. Cette fois, c’est à peine si nous avions la place de nous asseoir par terre. Heureusement, notre train était à l’heure, et cette expérience digne d’une bétaillère ne s’est pas éternisée. J’aurais cependant été bien inspirée de relire moi-même l’article que j’avais rédigé l’année dernière : j’ai à nouveau complètement gelé dans le train. Ils ont vraiment un problème de climatisation, ces Anglais !
La classe a été adorable du début à la fin, et ça a été un vrai plaisir partagé que de vivre cette journée tous ensemble. Merci évidemment à Mathieu et à Maud pour cette nouvelle aventure londonienne, intense, joyeuse, musicale et sportive : Mathieu annonce 13 kilomètres de marche, mais je me demande tout de même si son téléphone n’est pas plus marseillais qu’anglais…
Bon week-end de repos bien mérité à tous !
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