Ce dernier concert avec la 10e promotion des CHAM de Claude Monet n’aura décidément pas été facile à organiser. Nous avons été très occupés par la préparation des oraux du brevet, puis mes différents projets à Sorbonne et à la Philharmonie et enfin la canicule ont fait que plusieurs séances ont été annulées. Il nous est donc resté très peu de temps pour préparer ce concert. Pourtant, il était hors de question pour moi d’y renoncer. Au-delà de la musique, cette soirée représentait beaucoup sur le plan affectif.
Depuis quelques années, ce concert de fin de CHAM est devenu une sorte de rituel. Il vient clôturer quatre intenses années passées ensemble avant que le groupe ne se sépare et que chacun parte vers de nouvelles aventures. C’est toujours quelque chose de dire au revoir à des élèves que l’on a accompagnés pendant tout leur parcours au collège. Cette année, ce moment avait aussi pour moi une portée symbolique particulière : il s’agissait de la 10e promotion des CHAM du collège Claude Monet que j’ai eu le bonheur de suivre de la sixième à la troisième, et également de la soirée d’anniversaire de ma 30e trentième année d’enseignement de la musique dans l’Education Nationale 🎂
Le contexte n’était pourtant guère favorable. Toute la semaine, Paris a suffoqué sous une canicule exceptionnelle et des records absolus de chaleur ont été atteints. Jusqu’au dernier moment, je me suis demandé si on allait pouvoir maintenir le concert. Le jour même, l’intendant du lycée Claude Monet m’a appelée pour me dire qu’il trouvait cela complètement déraisonnable et que la chaleur serait sans doute insupportable, dites-moi, vous avez bien choisi votre jour pour organiser ça 😬 Je le remercie au passage d’avoir tenu la loge tout le temps de la répétition et du concert car à cause de la canicule, les agents avaient été libérés plus tôt. Je vais réfléchir à organiser mes concerts de fin d’année en février moi, si cet emballement du réchauffement climatique continue.
Heureusement, la salle des conférences du lycée Claude Monet est située en sous-sol, et lorsqu’on y entre, on a la sensation qu’il y fait presque frais, sensation qui s’estompe au bout de 42 secondes environ. De toute façon, je ne me voyais pas terminer ces quatre années sans que nous puissions nous dire au revoir en musique. Nous nous sommes donc retrouvés avec les élèves à 17 heures pour une répétition générale avant d’enchaîner sur le concert à 18 h 30, devant un public nombreux de parents bien sûr, mais aussi de pas mal de 🐫 d’autres promotions, anciennes et actuelles, et d’élèves qui ne sont pas en CHAM mais que j’ai eus quand il étaient en sixième et que j’ai été très contentes de retrouver.
Le programme, que je vous propose d’écouter ci-dessous à travers des extraits vidéo, était à l’image de cette promotion : extrêmement éclectique. Finalement, il leur ressemblait beaucoup. Des personnalités très différentes, des univers musicaux variés, mais un groupe qui n’a jamais cessé d’être profondément uni. A ce propos, un merci tout particulier à Christelle, mère d’Alexandre C, qui a œuvré toutes ces années à la cohésion de la promo 10 entre les enfants mais aussi les parents. Et ça, ça change tout 🌸
En professeure dinosaure que je suis, j’avais anticipé et pour tenter de survivre à cette chaleur, je m’étais équipée d’un petit ventilateur tout mignon, limite design, à installer sur mon piano spécialement pour l’occasion. Bien évidemment, il n’a pas tenu ses promesses et la batterie s’est retrouvée à zéro avant la fin du concert ! Il paraît que j’avais un peu forcé sur mes mythiques huiles essentielles aussi (et pourtant, je me suis retenue de ne pas en vaporiser davantage). Finalement, ma devise « un bon concert est un concert qui ne dure pas, ras-le-bol des programmes interminables où le public n’en peut plus », ne m’a jamais semblé aussi juste car je ne suis pas certaine que j’aurais tenu beaucoup plus longtemps, j’étais en nage ! D’ailleurs, à mon proviseur qui était là pour partager ce moment d’émotion avec nous et qui part à la retraite, j’ai demandé à ce que dans le dossier qu’il va transmettre à son successeur, soit étudiée la construction d’une piscine à Monet : hier ça aurait été franchement chouette de pouvoir enchaîner le concert sur une baignade rafraîchissante (j’ai le droit de rêver).
Les élèves, eux, ont tenu le coup et je crois qu’ils ont pris beaucoup de plaisir dans ce répertoire qu’ils avaient choisi (sauf le dernier chant de Simon and Garfunkel à trois voix, ça, c’était ma proposition de final, il faut bien que je serve à quelque chose parfois). Ils m’ont réservé une dernière surprise, et comme bis, (je venais juste de prévenir qu’il n’y aurait pas de bis 😂), ils m’ont chanté C’est beau la vie, que nous avions interprétée ensemble l’an dernier au Mémorial de la Shoah. Ce projet reste l’un des souvenirs les plus forts de toute ma carrière, et les entendre dans cette chanson une dernière fois m’a beaucoup émue, oui, bon, j’ai un peu pleuré, c’était prévisible, mais on va dire que j’ai les yeux fragiles et que les éventails et le ventilateur ne m’ont pas aidée – oh là là l’excuse !
Comme le veut la tradition, nous nous sommes ensuite installés au parc de Choisy pour un long pique-nique. Il faisait encore très chaud, mais au moins nous avons retrouvé un peu d’oxygène.


Les parents m’ont énormément touchée en m’offrant un sac absolument canon. Je les en remercie très sincèrement. J’ai ensuite passé ma soirée à écrire des mots personnalisés sur les tee-shirts de mes élèves, et même sur une toile !

Je compléterai cet article en début de semaine prochaine afin de vous donner des nouvelles des affectations de chacun en lycée. En attendant, il leur reste trois épreuves de brevet et je vais d’ailleurs les surveiller, dans le silence, incroyable !
À vous tous, les élèves de cette 10e promotion (je vous entends toujours compléter ces mots par « la meilleure ! ») merci pour ces quatre années. Vous allez beaucoup me manquer. Au cours de cette soirée, vous avez été nombreux à me dire que vous continueriez à passer me voir. Vous avez intérêt à tenir cette promesse ❤️

