Après mes mésaventures du « Concert éclaté » la veille en Sorbonne, j’ai été heureuse de retrouver hier soir une soirée musicale beaucoup moins mouvementée à l’occasion des concerts des deux orchestres CHAM, Nymphéas 1 et Nymphéas 2, dans l’auditorium du Conservatoire Maurice Ravel.
La température est certes restée élevée tout au long de la soirée, mais aucun malaise d’élève à déplorer, et le directeur du conservatoire a relevé un très raisonnable 28,8 °C dans l’auditorium, soit moins que dans ma salle de classe en période caniculaire où on oscille entre 29 à 8h du matin et 32/33 l’après-midi, jalouse je suis !
Les élèves ont présenté le résultat du travail mené depuis les concerts de février. Les progrès accomplis en seulement quelques mois ont une nouvelle fois été très impressionnants.
Une petite touche de Gershwin avec les Nymphéas 1…… et un extrait de la Marche de Berlioz par les Nymphéas 2 et le Jeune Orchestre à Cordes
Je profite de cet article pour adresser toutes mes félicitations aux professeurs du conservatoire Maurice Ravel, avec une pensée particulière pour Renaud Stahl, Charlotte Scohy et Delphine Girard. La CHAM de Claude Monet a une chance immense de pouvoir compter sur des partenaires aussi pédagogues et investis. Derrière chaque concert se cachent des heures de répétitions, de préparation, de patience et d’exigence. Merci à eux pour tout ce qu’ils apportent à nos CHAMeaux.
Entre les deux concerts, j’ai été conviée au pique-nique organisé au parc de Choisy par les élèves et les parents de sixième CHAM. J’y ai retrouvé Mathieu, leur professeur principal et professeur d’anglais.
Les familles nous ont couverts de cadeaux et d’attentions. Mathieu et moi avons été très touchés par cette générosité et nous remercions chaleureusement tous les parents pour leur confiance et leur soutien tout au long de l’année.
Le timing était très serré, ce qui fait que j’ai malheureusement raté mes cinquièmes CHAM qui sont arrivés au parc au moment où je retournais au conservatoire pour le concert des Nymphéas 2, après lequel j’ai rejoint les parents et les élèves de quatrième CHAM pour un second pique-nique (après cette orgie de chips et de gâteaux et quelques morceaux de comcombre pour me donner bonne conscience, j’ai prévu un rééquilibrage alimentaire), cette fois au stade car Choisy fermait trop tôt, pendant que les troisièmes et leurs parents partaient à l’Âge d’or finir la soirée, et non, Eugénie, je t’assure, je ne préfère pas les quatrièmes, c’est juste que je n’ai toujours pas la faculté de me dédoubler ! Merci à Christelle de m’avoir envoyé des photos pour que je puisse suivre à distance ! De toute façon, ce n’est que partie remise : je retrouverai les élèves de troisième le 26 juin prochain à l’occasion de notre petit concert de fin de CHAM au collège Claude Monet. N’hésitez pas à venir les écouter ! Ce sera à 18h30 en salle des conférences, en mode quasi improvisation, pour ne pas dire franchement à l’arrache, car nous n’avons eu que très très peu de temps pour le préparer (euphémisme). Ce sont les élèves eux-mêmes qui ont choisi le programme, tradition oblige ! Nous aurons alors l’occasion de partager un dernier moment musical avant leur départ vers le lycée.
Au final, cette soirée a parfaitement résumé ce qu’est notre CHAM : un cocktail de musique, de travail, de rencontres, de convivialité et de beaux souvenirs partagés.
Quand les parents de 6e CHAM m’offrent du savon au lait de CHAMelle pour que je n’oublie pas mes 🐫 pendant les vacances 😂 Aucun risque pourtant !
Mais bon, ils veulent bien que je déconnecte le temps d’une parenthèse au spa, un immense merci ❤️
Mise à jour du 17 juin 2026
Non mais j’apprends de ces trucs ! Laetitia, tu as bien fait de me laisser la brochure 😂
Arrivée en Sorbonne… On ne le sait pas encore, mais l’après-midi va être épique !
Hier, c’était le jour du concert de fin d’année de la chorale CHAM dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, qui devait accueillir Éclats d’espace, œuvre de Marc-Olivier Dupin (ma préférée, que j’ai adorée chanter toute l’année), inspirée de l’univers de Georges Perec et de son livre Espèces d’espaces. Préparée depuis le mois de septembre par les chorales des collèges Claude Monet, Gabriel Fauré, Germaine Tillion, Henri Matisse et Jean-Baptiste Say, cette partition réunissait plus de 180 élèves autour d’un projet exigeant, porté par les voix, le piano, le violoncelle et le hautbois d’amour.
Dans Éclats d’espace, les lieux les plus ordinaires — la page, le lit, la chambre, la rue, les escaliers — deviennent matière musicale. Comme chez Perec, il ne s’agit pas de grands décors, mais d’espaces familiers traversés par des gestes, des habitudes, des souvenirs. Les élèves ont ainsi travaillé une œuvre attentive aux détails du quotidien, à ce que l’on ne regarde plus vraiment, et que la musique, d’une grande difficulté pour des collégiens, vient soudain rendre sensible.
À notre arrivée, tout avait l’apparence d’une fin d’après-midi de concert parfaitement normale : certains élèves découvraient le lieu, d’autres plus nombreux le retrouvaient avec plaisir car nous nous y produisons régulièrement. Tout était bien parti, avec les ingrédients habituels : de l’excitation, un peu de trac, de la chaleur mais on a vu bien pire, et l’espoir d’un très beau concert à venir.
Photo du début de la générale prise par Christelle, maman de 3e CHAM qui était une de mes deux accompagnatrices du jour avec Anne ; elles se souviendront longtemps de cette dernière sortie au collège !
La répétition générale a commencé. Puis, assez vite, quelque chose s’est déréglé. En une demi-heure, huit élèves ont fait des malaises et il a fallu les évacuer de la scène : maux de tête, fourmillements, sensations inhabituelles. L’une d’elles, scolarisée dans un autre collège, s’est même évanouie dans mes bras, juste à côté du piano, alors que j’étais sur scène pour tourner les pages de la pianiste. A ce propos, il est grand temps que je réactualise mes connaissances acquises lors de ma formation aux premiers secours, qui date d’il y a un siècle.
Les pompiers sont arrivés et nous ont demandé d’arrêter la répétition sur le champ. Le grand amphithéâtre a été évacué, et il a fallu faire sortir plus de 180 élèves, sans que personne ne sache précisément ce qui était en train de se passer. Les élèves ne pouvaient pas circuler librement, ni retourner remplir leurs gourdes (je vous épargne mes discussions houleuses avec les agents de sécurité à ce sujet), pas moyen non plus de récupérer les sacs contenant les goûters pendant près d’une heure (ai-je besoin de rappeler qu’un élève, ça a tout le temps faim surtout après avoir chanté ?) et nous nous sommes retrouvés dans le hall de la Sorbonne, au milieu des secours, pendant que des équipes spécialisées procédaient à des contrôles de l’air dans des tenues qui donnaient soudain à l’ensemble un aspect plutôt apocalyptique.
Je n’ai pas pris les intervenants en photo mais il faut imaginer plein de personnes comme ça déboulant en Sorbonne, ça faisait un drôle d’effet quand même !
Et mes élèves pendant ce temps-là ? A part une qui a dû être prise en charge par les pompiers, mais qui va très bien aujourd’hui, ouf !, les autres étaient globalement en pleine forme même si trouvant l’odeur bizarre et ressentant un léger mal de tête pour certains. Moi aussi d’ailleurs. Et Christelle m’a confié avoir eu mal à la tête en écoutant la générale.
Avec mon petit groupe bien sage…
Voire en pleine forme pour certains je vous dis !
Pendant ce temps, les familles ont commencé à arriver pour assister au concert et sont restées bloquées à l’extérieur (plus de 500 personnes attendues tout de même), forcément inquiètes devant les huit camions de pompiers postés rue des Ecoles et l’agitation !
Ma vidéo tournée pour Eugénie, 3e non choriste, mise au courant par ses copines que c’était la fête en Sorbonne et me demandant des explications !
C’est à ce moment-là que j’ai reçu un message de mon ancien élève préféré venu écouter le concert — en l’occurrence mon fils que j’ai eu en troisième à mon arrivée à Monet en 2013 — me demandant il y a un truc grave maman ?Il y a des camions de pompiers partout devant l’amphithéâtre !
Bref, après environ une heure et demie d’attente et d’incertitudes, la décision a enfin été prise par le cabinet de la rectrice d’annuler le concert. Il était temps ! Les pompiers n’avaient pas encore identifié avec certitude l’origine du problème, mais les malaises, les symptômes rapportés par plusieurs élèves et les odeurs inhabituelles perçues dans certains couloirs ne permettaient évidemment pas de maintenir la soirée. Il faisait chaud, certes, mais ce qui s’est passé ne ressemblait ni à une simple affaire de température, ni à une crise de trac collective. Et de toute façon, plus aucun élève n’était en état de bien chanter. Il nous a donc fallu rentrer chez nous.
Organisation de l’évacuation avec comme objectif que chaque enfant retrouve ses parents, et moi j’ai bien retrouvé mon fils 😂
C’est frustrant, bien sûr, après tant de travail et d’investissement des élèves, de répétitions… Frustrant pour les élèves, pour les familles, pour les équipes, pour les musiciens, pour Maxime Giraud notre génial chef de chœur et pour le compositeur Marc-Olivier Dupin. Mais la sécurité passe avant tout, et personne n’aurait pu sérieusement défendre l’idée de poursuivre dans de telles conditions.
La bonne nouvelle, c’est que Marc-Olivier et mon inspecteur nous ont indiqué qu’une nouvelle date serait recherchée à la Sorbonne à l’automne. J’espère vivement que ce concert pourra avoir lieu et que nos élèves de troisième, même dispersés dans leurs lycées respectifs, accepteront de revenir pour mener cette aventure musicale jusqu’au bout.
Après trente ans d’enseignement, je constate donc une fois de plus que ce métier conserve une capacité intacte à me surprendre. On prépare une soirée autour de Georges Perec, on s’apprête à faire entendre la poésie des espaces familiers, et hop ! on finit dans le hall de la Sorbonne, au milieu des pompiers, des élèves, des parents inquiets et de questions sans réponse !
Thés que m’ont offerts mes collègues/copines/Bombes du projet, quelle charmante attention, merci les filles, je ne m’y attendais pas du tout 😘
Merci aux élèves pour leur patience hier, ce n’est que partie remise !
PS : j’oubliais ! Au milieu de toute cette cohue, j’ai fait la connaissance de notre futur proviseur Damien Doucet, venu au départ écouter ses actuels élèves de Fauré. Je lui ai présenté mes CHAMeaux qui l’ont applaudi très chaleureusement. A l’automne, il reviendra pour vous !
J’avais déjà eu la chance de monter une première fois Alice Swing de Marc-Olivier Dupin sur un texte de Laurent Lévy avec ma chorale en Sorbonne. L’œuvre nous avait alors beaucoup amusés, mais elle m’avait surtout frappée par son intelligence d’écriture : une pièce pleine d’humour, d’énergie et de fantaisie, très solidement construite musicalement, avec une écriture vocale particulièrement adaptée à des voix d’enfants. Elle offre aussi un vrai terrain de travail pédagogique, notamment pour aborder la polyphonie de façon exigeante. C’est aussi pour cela que j’aime beaucoup travailler avec Marc-Olivier car ses œuvres allient difficulté et plaisir.
Aussi, quand l’ONDIF m’a proposé cette année de reprendre cette oeuvre avec des collèges d’Île-de-France, dans une version orchestrée, la réponse a été assez évidente : un grand OUI !
Mes CHAMeaux en jaune, mais d’autres tournesols pas chameaux se sont incrustés sur cette photo, quel malheur ! Ils ont été peints de la mauvaise couleur ! C’est la reine de coeur qui ne va pas être contente. Qu’on leur coupe la tête !
CHAMeaux mangeant des Chamonix !
Ce sont donc les cinquièmes CHAM qui ont travaillé Alice tout au long de cette année scolaire, dans une version enrichie par rapport à l’instrumentation d’origine, et avec une pièce supplémentaire au programme, La chanson tortu(e)rée, qui nous a donné bien du fil à retordre ! Le concert a eu lieu hier dans la salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris, devant un public conquis.
Un petit extrait du Cheshire chat
Merci aux élèves, aux équipes artistiques et techniques : tout était vraiment magnifique !
Ce concert avait aussi une saveur particulière, puisqu’il s’agissait de notre dernier projet avec Sophie, notre cheffe de chœur. L’ONDIF arrêtant ses collaborations avec les scolaires, difficile de ne pas avoir le cœur serré en se disant que c’était probablement notre dernier concert ensemble dans ce cadre. Nous aurons eu la chance de vivre plusieurs très beaux projets ensemble. Celui-ci restera un souvenir particulièrement lumineux.
Bravo à tous et merci Sophie. J’attends ton appel avec impatience pour voir comment nous pourrions continuer notre route musicale ensemble. Je ne doute pas que tu vas avoir plein de très belles idées ❤️
Encore gâtée par les parents d’élèves, que je remercie aussi au passage d’avoir été aussi présents sur toutes les répétitions à Alfortville et a la Philharmonie !
Et voilà, pendant toute l’année scolaire, les élèves de sixième CHAM ont travaillé avec sérieux et constance les treize chants qui composent Les Prodigieux Voyages de Sinbad de Marc-Olivier Dupin, dont je vous avais posté un premier extrait ici :
La création a eu lieu hier soir dans le grand amphithéâtre de Sorbonne. Voici quelques photos et une petite vidéo, en attendant le film actuellement en cours de montage par les équipes du rectorat.
MAJ du 15 juin 2026 : la vidéo est enfin en ligne ! Merci Corinne Réti !
Déjà neuf ans depuis notre premier concert-lecture avec les élèves de la première promotion CHAM et Marie-Laure Talon, ma très chère collègue de lettres. Au fil du temps, ce travail commun s’est installé comme un rendez-vous auquel je tiens particulièrement. Je mesure la chance que j’ai de collaborer avec elle : son regard, son exigence et son engagement donnent à ces projets une profondeur rare.
C’est Marie-Laure qui m’a proposé l’idée de ce nouveau concert-lecture, consacré à la forme épistolaire. Nos élèves de 4e CHAM ont exploré la lettre sous toutes ses formes : dire l’amour, la rupture, l’attente ou la mémoire. De Choderlos de Laclos à Madame de Sévigné, de Stendhal à Zweig, les textes ont rencontré les chansons de Charles Aznavour, Barbara, Michel Polnareff…. les élèves ont même mis en musique eux-mêmes une lettre d’Albert Camus, exercice redoutable !
Ils se sont emparés des textes avec un enthousiasme certain et ont su, avec beaucoup de justesse, faire vivre ces lettres, leur donner une présence, une voix, une intensité.
Voici quelques extraits de ce concert qui a eu lieu hier soir. Emiliano m’a visiblement tellement impressionnée que j’en ai été renversée (en vrai, je ne comprends pas ce qu’il s’est passé au montage mais il a la tête à l’envers, pardon ! Décidément, j’ai des progrès à faire 😬
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